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Pose d’un solin d’étanchéité entre deux toits aux Essarts (85), méthode zinc et EPDM

Publié le 19 septembre 2026, par Geoffrey Rondeau. Temps de lecture : 4 minutes.

Une infiltration qui coule le long d’un mur pignon intérieur à chaque grosse pluie, ça fait paniquer, à raison. Aux Essarts (85) début septembre, un propriétaire nous a appelés parce qu’il retrouvait une trace d’humidité dans son garage à chaque orage. Diagnostic sur place, cause identifiée en dix minutes, chantier bouclé en une journée. Voici comment on a réglé cette histoire de solin manquant sur la jonction de deux toits.

Le vrai problème n’était pas là où on le croyait

À première vue, le propriétaire pensait à une tuile fissurée ou à un défaut de faîtière. La logique aurait été d’inspecter la toiture principale en priorité. Sauf que la trace intérieure remontait pile en face d’un point technique très précis : la jonction entre la couverture du garage et le mur pignon en béton de l’extension bâtie plus tard.

Cette jonction n’avait jamais été traitée avec un vrai solin. À la construction, un mortier grossier avait été passé pour faire l’étanchéité, ce qui suffit dix ans, parfois quinze. Au bout de vingt ans, le mortier se fissure, l’eau descend le long du béton, contourne l’ancienne étanchéité et rentre par la boîte à onglets. Classique, malheureusement.

Avant et après pose de solin d'étanchéité entre deux toits aux Essarts (85), Bouchet Rondeau
Avant, après. Pose d’un solin zinc et EPDM en 1 journée, Les Essarts (85), septembre 2026.

Ce que dit la règle de l’art sur les solins de toiture

La zinguerie de couverture est encadrée par le DTU 40.5, un document technique unifié qui définit les règles à respecter pour toutes les jonctions de toiture et les raccords aux murs verticaux. Le principe est simple. Une bande de zinc pliée sur mesure fait le raccord entre le rampant du toit et le mur adjacent, avec un remontage vertical d’au moins 4 centimètres sur le mur et un recouvrement horizontal d’au moins 10 centimètres sur les tuiles.

En pratique, on ajoute presque toujours une bande EPDM (membrane synthétique) en sous-couche primaire. Le zinc joue le rôle de finition esthétique et de première ligne, l’EPDM garantit l’étanchéité même si un défaut apparaît sur le zinc dans 15 ans. C’est de la ceinture-bretelles, mais sur une zone qui prend l’eau des deux côtés à chaque pluie, mieux vaut deux barrières qu’une.

Le repère qui compte

Un solin de qualité tient 25 ans minimum en Vendée si les remontées verticales et horizontales respectent le DTU 40.5. Un solin bricolé au mortier tient 10 à 15 ans dans le meilleur des cas, souvent moins près du littoral où le sel accélère la carbonatation.

Notre méthode sur ce chantier, étape par étape

Une journée pour deux artisans, sans échafaudage (accès direct depuis l’échelle grand angle sur la façade sud). Voici le déroulé exact.

  • Découverture d’un rang de tuiles côté toit principal, sur toute la longueur du solin à créer. On met les tuiles de côté, elles serviront à la remise en place.
  • Dépose du vieux mortier de jonction au ciseau à brique et brossage métallique pour retrouver une surface propre sur le béton du pignon.
  • Pose de la bande EPDM rouge, largeur 400 mm, remontée verticale de 15 cm sur le mur pignon et rabat horizontal sur les liteaux.
  • Application d’un profilé zinc plié sur mesure, façonné à froid à la pince à plier pour épouser exactement l’angle mur/toit. Remontée verticale 4 cm sur le pignon, recouvrement horizontal 12 cm sur les tuiles.
  • Fixation mécanique par pattes zinc et clous inox annelés dans les liteaux (jamais dans le béton du mur voisin pour respecter les limites de propriété).
  • Joint de finition mastic polyuréthane à la ligne de contact entre le zinc et le béton, pour parer les rares cas de remontée capillaire.
  • Remise en place des tuiles avec un rang de crochetage supplémentaire pour compenser la modification du plan de couverture.
Élément Épaisseur Garantie fabricant
Bande EPDM synthétique 1,2 mm 20 ans
Profilé zinc plié à froid 0,65 mm 25 ans
Clous inox annelés 3 x 40 mm Corrosion nulle
Mastic MS polymère Joint 6 mm 15 ans

Combien ça coûte, un solin sur toiture existante

Fourchette réaliste sur un chantier de ce type, jonction linéaire de 4 à 6 mètres, accès sans échafaudage : entre 850 et 1 400 euros TTC selon la longueur et la complexité des raccords. Le prix inclut la découverture, la fourniture du zinc et de l’EPDM, la pose complète, la remise en place des tuiles et le nettoyage du chantier. TVA à 10 % appliquée sur logement de plus de 2 ans.

Ajoutez le coût de l’échafaudage si la hauteur ou la configuration l’exige. Une infiltration non traitée coûte en général cinq à dix fois plus cher un an plus tard, entre la réfection du plafond, le traitement anti-champignons et parfois la reprise d’isolant humide.

Une infiltration par la toiture, on n’attend pas. Chaque pluie l’agrandit. Le vrai coût d’un solin, ce n’est pas la pose, c’est le retard.
Charles Bouchet, artisan couvreur zingueur, associé fondateur de Bouchet Rondeau à La Ferrière (85).

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Sources et références

  1. DTU 40.5 (NF P 34-211), travaux de couverture par éléments métalliques en feuilles et longues feuilles, AFNOR, révision 2018.
  2. Guide « Étanchéité et zinguerie de toiture », UNCP-FFB (Union Nationale des Chambres syndicales de Couverture Plomberie), édition 2023.
  3. Fiche « TVA à 10 % pour travaux de rénovation », BOFiP-Impôts, mise à jour 2022.

Article rédigé par Geoffrey Rondeau, gérant et artisan couvreur peintre à La Ferrière (85), 40 ans d’expérience en toiture et zinguerie en Vendée. Dernière mise à jour : 19 septembre 2026.

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